Qui sont ces chasseurs qu’Emmanuel Macron lui-même courtise ? Les hérauts de la ruralité ? Les « premiers écologistes de France » ? Rien de tout cela, selon l’auteur de cette tribune, qui raconte comment une « caste » de chasseurs s’impose aux campagnes et combien est atterrante la qualité de la formation pour le permis.
Cael Collins est paysan en cours d’installation dans le sud de la France. Il a choisi de préserver son identité pour s’épargner la réaction de ses voisins chasseurs.

Le chemin du retour à la terre passe parfois par des sentiers biscornus. C’est sans doute un de ceux-ci qui m’amène aujourd’hui à être chasseur. Je n’ai pas le goût du sang, de la prédation, des armes, et cette activité ne sera jamais pour moi un loisir mais une activité de gestion du vivant. Néanmoins dans le contexte d’une vie rurale et agricole, le permis de chasse répond à deux préoccupations : gérer la pression de certaines espèces pouvant devenir nuisibles et, surtout, se prémunir de la malveillance d’organisations de chasse et de chasseurs qui ont aujourd’hui la mainmise sur les territoires ruraux.
Paysan en installation dans le sud de la France, j’ai très vite été mis face à la réalité de ce qu’est aujourd’hui la chasse sur mon territoire : « Tu ne fais pas de vagues sinon attends-toi à des ennuis. » Les ennuis pour les paysans aujourd’hui, ça passe aussi bien par des clôtures coupées, des attaques malencontreuses de chiens de chasse sur les bêtes que par une ostracisation pure et simple d’une partie de la vie

Source Reporterre.net/
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