Alors que la loi « réformant » la SNCF doit être adoptée ce jeudi par le Sénat, l’auteur de cette tribune explique pourquoi le modèle ferroviaire allemand — loin d’être idéal — n’est pas transposable à la France, notamment du fait du manque de considération des élites françaises pour ce mode de transport.
Vincent Doumayrou est l’auteur de La Fracture ferroviaire, pourquoi le TGV ne sauvera pas le chemin de fer, préfacé par Georges Ribeill, Les Éditions de l’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2007. Il anime également un blog.

Le gouvernement, l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), diverses parties prenantes et observateurs louent la réforme ferroviaire allemande de 1994, qui a notamment organisé l’arrivée de la concurrence : elle aurait créé un cercle vertueux et permis la croissance ferroviaire à moindre coût pour le contribuable.
Les chemins de fer allemands méritent-ils tant d’honneur ? Je voudrais tenter de répondre comme observateur de la chose ferroviaire, comme germaniste et comme abonné ferroviaire dans les deux pays (Bahncard 25 chez Deutsche Bahn [DB], Carte week-end chez SNCF).
Il est vrai qu’aujourd’hui, 25 ans après la Bahnreform, le paysage ferroviaire allemand apparaît beaucoup plus dynamique que son homologue français. Il convient cependant de nuancer le propos et de pousser plus loin l’analyse, car ce n’est pas forcément dû à la concurrence.
Le dynamisme du transport régional en Allemagne tient à une tradition politique 
La SNCF comme la DB exploitent un réseau de trains de grandes lignes ou Fernverkehr (en France, le TGV ; en Allemagne, le train classique Intercity et le train à grande

Source Reporterre.net/
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