Comment les Gilets jaunes vivent-ils le quotidien de leur lutte ? Comment s’organisent-ils ? Comment décident-ils ? Reportages en Meuse et dans l’Hérault.
Commercy (Meuse) et Montpellier (Hérault), reportages
« Alors, qui veut animer l’AG ? Qui veut prendre les notes ? Est-ce que des nouveaux veulent se présenter ? » Comme chaque jour à 17h30, à Commercy, en Meuse, une petite quarantaine de Gilets jaunes se retrouvent à leur cabane sur la place centrale de la commune pour l’AG. Le brasero est bien garni, l’ordre du jour aussi.
« Où va l’argent de la soupe populaire de samedi prochain ? », « Vous voulez faire une action avec d’autres groupes ? », « On a reçu 200 mails, qui veut y répondre ? ». Malgré le froid et la bruine, la parole circule tant bien que mal. Un petit air de Nuit debout, mais avec ceux qui n’y participaient pas vraiment en 2016 : les territoires ruraux et les classes populaires. Un Nuit debout prolo.
« C’est la première fois que je fais ça, des AG, des blocages, des manifestations… En 1968 j’étais apprentie coiffeuse, je ne me sentais pas concernée. » Élisabeth, 66 ans, est retraitée, et « galère » avec 820 euros par mois. « Ici, tout le monde s’écoute. On est à égalité, on vote à main levée. Avant, je croisais certaines personnes à la boulangerie, maintenant on se connaît tous, chacun dans sa galère. J’ai l’impression d’avoir vingt ans de moins ! »
Valérie [*], la cinquantaine, arrive en fin de droits et va demander le RSA — mais elle ne veut pas que sa famille le sache. « Quand on est seule, on se dit

Source Reporterre.net/
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